Une affaire à la fois sensible et insolite a été examinée devant le tribunal de première instance (TPI) de Dixinn. Mamadi Condé, célibataire et père d’un enfant, est poursuivi par son ex-fiancée, Odia Condé, pour enregistrement et diffusion de données à caractère personnel, notamment des images à caractère intime.
À la barre, le prévenu est apparu visiblement très affecté. En larmes, ayant du mal à articuler ses propos et manifestant l’envie de quitter la salle d’audience, Mamadi Condé a reconnu les faits qui lui sont reprochés tout en niant catégoriquement avoir publié ou diffusé une quelconque vidéo de son ex-fiancée.
« C’était ma fiancée et la mère de mon enfant »
Dans une déclaration émotive devant le tribunal, Mamadi Condé est revenu sur sa relation avec la plaignante.
« C’était ma fiancée et la mère de mon enfant. Nous avions un projet de mariage. Tous les préparatifs étaient faits, on attendait la fin de l’hivernage pour nous marier », a-t-il confié.
Selon lui, la relation aurait brusquement pris fin après des appels de membres de la famille de la jeune femme.
« On m’a appelé pour me dire que je n’ai plus de femme et que mon enfant est là-bas. Quelques mois après, le même oncle m’a appelé pour me menacer en disant que j’ai publié la nudité de la femme d’autrui sur WhatsApp », a-t-il expliqué.
Le prévenu a également tenu à préciser qu’il prenait en charge la famille, la scolarité de son ex-fiancée ainsi que celle de leur enfant.
« Ça fait un an et seize jours que je suis en prison. Je demande au tribunal de me rendre ma liberté pour me reconstruire », a-t-il plaidé.
Interrogé par la présidente du tribunal, Mamadi Condé a eu du mal à répondre aux questions essentielles :
Tribunal : C’est vous qui avez publié les images ?
Prévenu : Je n’ai pas publié de vidéo.
Tribunal : Vous avez envoyé l’image à qui ?
Prévenu : Je n’ai envoyé à personne.
Tribunal : Comment la plaignante a-t-elle vu les images ?
Prévenu : Je ne sais pas comment elle les a vues.
Le ministère public, représenté par le procureur Fanka Oularé, a tenté d’obtenir davantage d’éclaircissements, sans succès, le prévenu semblant submergé par l’émotion.
À la question de savoir s’il était l’auteur de la vidéo ou s’il la détenait encore, Mamadi Condé a répondu par la négative. Il a toutefois reconnu avoir reçu, par le passé, des photos intimes de son ex-fiancée envoyées par une tierce personne.
Interrogé sur la création d’un compte WhatsApp nommé « bibichou », le prévenu est resté silencieux.
L’avocat de la partie civile a sollicité un renvoi de l’affaire, estimant que son client n’était « éventuellement pas en mesure de parler ». Une demande à laquelle le tribunal a accédé.
L’affaire a été renvoyée au 17 janvier pour la poursuite des débats.
Il convient de préciser que la plaignante a adressé une lettre de désistement au tribunal, dans laquelle elle accorde son pardon à Mamadi Condé, son ex-fiancé, un élément qui pourrait peser dans la suite de la procédure.
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