Après avoir été entendu sur son lit de malade, l’ancien Premier ministre guinéen, le Dr Ibrahima Kassory Fofana, voit son procès en appel entrer dans sa phase décisive. Ce jeudi, l’audience s’est ouverte sur les plaidoiries de la partie civile. L’Agent judiciaire de l’État, par la voix de Me Pépé Antoine Lama, a vigoureusement requis la confirmation des charges contre l’ex-chef du gouvernement.
Une seule affaire était inscrite au rôle. Dès l’ouverture, le président de la composition, Daye Chérif Mara, a appelé le dossier de l’ancien Premier ministre avant de demander aux différentes parties si elles étaient prêtes pour les plaidoiries et réquisitions, conformément au calendrier fixé lors de la précédente audience.
C’est la partie civile, représentant l’État guinéen, qui a ouvert le bal des plaidoiries.
Prenant la parole, Me Pépé Antoine Lama a d’emblée martelé que les faits reprochés au Dr Kassory Fofana étaient clairement « établis », insistant notamment sur l’utilisation frauduleuse d’un montant de 15 milliards de francs guinéens.
Alors que les avocats de la défense tentent depuis le début de la procédure de discréditer le rapport de l’Inspection Judiciaire de l’État (IJE) — en invoquant le non-respect du principe du contradictoire —, la partie civile a balayé ces arguments d’un revers de main.
« Lorsqu’on examine sérieusement les pièces, les arguments de la défense tombent comme des châteaux de cartes » a lancé l’avocat de l’État, rappelant que le principe du contradictoire est pourtant bien prévu et respecté par la loi.


Me Pépé Antoine Lama s’est interrogé sur l’origine de la fortune du Dr Kassory Fofana, mettant en parallèle ses revenus officiels et ses avoirs bancaires :
« Il touchait 15 millions de francs guinéens en sa qualité de Premier ministre. Alors qu’il possède plus d’un million 902 mille euros dans une banque primaire. Si on avait la possibilité de vérifier les banques européennes ou étrangères, on trouverait bien plus que ça. Ce sont des montants dont on ignore l’origine. Nous ne sommes pas là parce qu’il est riche, nous sommes là parce qu’il a été un agent public. »
Pour la partie civile, le délit d’enrichissement illicite et le blanchiment de capitaux sont pleinement caractérisés.
En conclusion, Me Pépé Antoine Lama a demandé à la Cour de :
Confirmer les chefs d’accusation de détournement de biens publics, d’enrichissement illicite et de blanchiment de capitaux ;
Maintenir la condamnation prononcée en première instance ;
Ordonner la confiscation de tous ses biens ;
Condamner le prévenu au paiement de 20 millions de francs guinéens pour « appel abusif ».
L’audience se poursuit. La parole a été transmise au parquet spécial de la CRIEF pour la présentation de ses réquisitions, avant que la défense ne prenne le relais pour tenter de sauver l’ancien Premier ministre.
Affaire à suivre
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