L’ancien international sénégalais Habib Bèye a livré à RFI son regard sur l’évolution de la Coupe d’Afrique des nations, qui débute ce 21 décembre au Maroc. Organisation, libération des joueurs, favoris ou encore richesse de l’expérience binationale dans le football africain : le technicien sénégalais s’est longuement exprimé lors d’une rencontre organisée par la Ligue de football professionnel.
Interrogé sur son appréciation de l’évolution de la CAN, une compétition à laquelle il a pris part à quatre reprises au cours de sa carrière, Habib Bèye a souligné l’importance grandissante du tournoi sur la scène internationale.
«La CAN a toujours occupé une place centrale dans le cœur des Africains, mais aujourd’hui elle a pris une dimension supplémentaire. C’est devenu un rendez-vous incontournable, non seulement pour les joueurs africains mais aussi pour les passionnés de football mondial. Son niveau s’est considérablement élevé : autrefois, quelques grandes nations dominaient, mais désormais, on observe une réelle homogénéité. Des sélections comme le Cap-Vert, par exemple, sont capables de bousculer la hiérarchie et de se qualifier pour la Coupe du monde. Cette évolution est aussi portée par la présence croissante de joueurs africains dans les plus grands clubs européens, ce qui tire tout le continent vers le haut. Pour moi, qui ai eu la chance de la jouer quatre fois, c’est avant tout une fête, un moment d’unité et de fierté, mais aussi une compétition d’exigence qui attire de plus en plus de regards.»
L’ancien défenseur est également revenu sur les facteurs déterminants de la réussite dans une compétition aussi exigeante que la CAN, notamment en raison de son positionnement dans le calendrier international.
«Le facteur principal, c’est la capacité à arriver au bon moment dans la meilleure forme possible. La CAN intervient à une période très particulière du calendrier : certains joueurs viennent de disputer cinq mois intenses en club et peuvent être fatigués, d’autres sont dans une dynamique positive. On a d’autres joueurs qui arrivent essoufflés par cette première partie de saison. Il ne faut pas l’oublier, il y a très peu de préparation, on l’a vu avec le débat qu’il y a eu sur la mise à disposition des joueurs pour leur sélection. Cela veut dire que là, les sélectionneurs ont eu très peu de jours pour préparer une compétition majeure. Cela oblige les sélectionneurs à faire des choix rapides et à trouver la bonne alchimie en quelques jours. Ce n’est donc pas forcément la nation la plus “riche” sur le papier qui gagne, mais celle qui parvient à aligner le plus de joueurs en pleine possession de leurs moyens, à créer une dynamique de groupe et à s’adapter rapidement aux conditions locales et à la pression du tournoi. Le Maroc a un avantage parce qu’il organise, un peu à l’image de la Côte d’Ivoire lorsqu’elle a gagné chez elle, c’est un atout aussi lorsque vous organisez une compétition. »
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