Devant l’audience correctionnelle du tribunal de première instance de Dixinn, Mamadou Aliou Bah a comparu pour escroquerie au préjudice de Thierno Mamadou Diallo, son associé et employeur. Le prévenu est poursuivi pour avoir frauduleusement soutiré la somme de 550 millions de francs guinéens à son patron, établi à l’étranger.
Superviseur général dans l’entreprise de transport de la partie civile, Mamadou Aliou Bah gérait les affaires en l’absence de son employeur. À la barre, il a reconnu les faits qui lui sont reprochés, expliquant avoir agi pour combler des pertes au sein de l’entreprise.
Selon ses déclarations, il aurait convaincu son patron de lui transférer de l’argent pour l’achat supposé d’un immeuble R+1 à Sonfonia, allant jusqu’à envoyer des photos d’une maison qui s’est révélée appartenir à un tiers, Sanoussy Bah, non informé de la prétendue vente. La vérification effectuée sur place par un mandataire de la partie civile a confirmé que le bien n’était pas à vendre. Le prévenu a admis ne pas être agent immobilier et exercer uniquement dans le transport.
Interrogé par la partie civile sur les modalités de remboursement, Mamadou Aliou Bah a indiqué vouloir procéder par paiement échelonné, une option rejetée par la victime.
À l’issue des débats, la partie civile a sollicité la récupération de plusieurs matériels professionnels mis à la disposition du prévenu (ordinateur, téléphone, talkie-walkies, documents et clés de véhicules). Une demande à laquelle la défense s’est opposée, rejoignant la position du ministère public, qui a requis son rejet.
Plaidoiries et réquisitions
Dans sa plaidoirie, l’avocat de la partie civile a estimé que son client avait été abusé de manière délibérée, demandant la condamnation du prévenu au remboursement des 550 millions GNF, ainsi qu’au paiement de 100 millions GNF à titre de dommages et intérêts.
Le ministère public, soulignant l’abus de confiance et la préméditation, a estimé que tous les éléments constitutifs de l’infraction d’escroquerie étaient réunis. Il a requis la déclaration de culpabilité de Mamadou Aliou Bah, sa condamnation à cinq ans de prison dont deux avec sursis, ainsi qu’une amende de 15 millions GNF, sans bénéfice de circonstances atténuantes.
Pour la défense, Me Salif Beavogui a plaidé la clémence, invoquant le casier judiciaire vierge, les regrets exprimés et la volonté de remboursement du prévenu. Il a sollicité l’application des articles 124, 125 et 135 du Code pénal, estimant excessif le montant des dommages réclamés et proposant 3 millions GNF à ce titre.
Dans son dernier mot, Mamadou Aliou Bah a réaffirmé son intention de rembourser la somme par tranches.
Le tribunal a mis l’affaire en délibéré, avec un verdict attendu le 14 janvier 2026.
Fof pour Etoiletvguinee.com @misterofficiel588@gmail.com (+224) 625-80-87-66



















