La tension sociale pourrait à nouveau monter dans le secteur de l’éducation en Guinée. L’intersyndicale de l’éducation nationale annonce la tenue d’une assemblée générale extraordinaire prévue le samedi 11 avril 2026 à la Bourse du travail de Conakry, une rencontre qui pourrait déboucher sur un mot d’ordre de grève si aucune solution n’est trouvée aux revendications des enseignants.
Interrogé par lerevelateur224.com, le secrétaire général du Syndicat National de l’Éducation (SNE), Michel Pépé Balamou, a précisé que cette rencontre vise à faire le point sur plusieurs préoccupations majeures qui minent le système éducatif.
Parmi les principaux griefs, il cite le mauvais reclassement de nombreux enseignants qui, selon lui, attendent depuis 2017 une régularisation conforme à leur statut.
« Il s’agira de dénoncer le mauvais reclassement des enseignants qui attendent depuis plusieurs années et qui ont été reclassés de manière non orthodoxe », a-t-il déclaré.
Le syndicaliste dénonce également le blocage de salaires de certains enseignants depuis 2023 ainsi que le non-paiement d’arriérés. Il évoque aussi la situation des fonctionnaires locaux recrutés en 2024, dont plusieurs n’auraient toujours pas perçu neuf mois d’arriérés de salaire.
À cela s’ajoutent, selon lui, des irrégularités liées aux primes, notamment celles de fonction et celles liées aux zones d’affectation, qui ne seraient pas versées à certains responsables du système éducatif, notamment des chefs d’établissements et des cadres administratifs.
Michel Pépé Balamou a aussi attiré l’attention sur la situation des enseignants contractuels, particulièrement ceux en poste dans les zones rurales. Il affirme que certains d’entre eux ne perçoivent pas de salaire, parfois à cause de difficultés liées à l’enrôlement administratif, notamment en raison du faible accès à internet dans certaines localités.
« Pendant que certains fonctionnaires recensés continuent de percevoir des salaires sans être à leurs postes, d’autres qui enseignent réellement dans des zones difficiles n’ont pas de salaire. C’est une injustice que nous dénonçons », a-t-il insisté.
L’intersyndicale critique également le retard dans la mise en place des commissions techniques prévues dans le cadre de la révision du statut particulier des enseignants, pourtant annoncées depuis novembre dernier.
Selon le responsable syndical, cette assemblée générale permettra d’informer les enseignants des démarches entreprises, des acquis obtenus ainsi que des points de blocage. Elle servira également à recueillir leur mandat sur les prochaines actions à entreprendre.
« C’est à l’issue de cette assemblée que nous déciderons de la suite à donner. La grève que nous avons menée n’a pas été levée, elle a été simplement suspendue. Si les enseignants demandent sa reprise, elle pourrait être déclenchée rapidement », a-t-il averti.
Le SNE précise qu’en cas d’absence d’avancées concrètes d’ici la fin de la semaine, une grève pourrait être relancée sans préavis supplémentaire.
Par ailleurs, l’intersyndicale annonce vouloir interpeller plusieurs acteurs nationaux, notamment les leaders religieux, les organisations de la société civile, les centrales syndicales ainsi que la Fédération guinéenne des parents d’élèves afin de favoriser une médiation.
Michel Pépé Balamou pointe également du doigt ce qu’il considère comme des blocages administratifs au niveau de certains départements ministériels, notamment ceux en charge de la Fonction publique et du Travail.
« Si rien n’est fait d’ici vendredi concernant la mise en place des commissions techniques, l’assemblée générale se tiendra et les enseignants pourraient décider de reprendre la grève dès le lundi 13 avril 2026 », a-t-il prévenu.
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