À l’occasion de la sixième édition du Salon de la lecture (SALEC), la commissaire générale de l’événement, Kadiatou Kaba, a livré une communication engagée devant journalistes, invités internationaux et acteurs du monde éducatif. Elle a mis l’accent sur la nécessité de créer des conditions favorables à la lecture en Guinée et en Afrique, tout en soulignant le rôle de la jeunesse dans la transformation sociale.
Dans son intervention, Kadiatou Kaba a rappelé que le SALEC est né d’un constat souvent répété : le manque d’intérêt supposé des Africains pour la lecture. Une idée qu’elle remet en cause, estimant que le véritable problème réside plutôt dans l’insuffisance des infrastructures éducatives, notamment les bibliothèques scolaires.
« Nous nous sommes rendu compte que 8 écoles sur 10 ne disposent pas de bibliothèques. Comment voulez-vous qu’un enfant qui n’a jamais eu accès aux livres développe le goût de la lecture ? », s’est-elle interrogée.
Selon elle, il est temps de dépasser les simples critiques pour proposer des solutions concrètes. C’est dans cette dynamique que s’inscrit le SALEC, qui se veut un espace d’éveil, de partage d’expériences et d’expression pour les jeunes.
Contrairement aux salons classiques du livre, le SALEC ambitionne de mettre les jeunes au cœur des activités. L’objectif est de leur offrir une tribune afin qu’ils puissent s’exprimer, partager leurs idées et surtout comprendre l’importance de la lecture dans leur avenir.
Pour la commissaire générale, les livres constituent une source inestimable de connaissances et de solutions aux défis quotidiens.
« Dans les livres, nous avons les réponses à toutes nos questions. Mais encore faut-il savoir quel type de livre lire en fonction de ses besoins », a-t-elle souligné.
Elle a également insisté sur le fait que la lecture ne concerne pas uniquement les élèves et étudiants, mais aussi les professionnels de tous les secteurs, notamment l’économie, où de nombreux ouvrages peuvent contribuer à renforcer les compétences.
Pour cette édition, les organisateurs ont choisi de travailler sur le thème du lien entre la culture et l’agriculture, deux secteurs que Kadiatou Kaba considère comme complémentaires.
Elle a expliqué que ces domaines partagent des valeurs communes telles que l’inspiration et l’effort, tout en appelant les jeunes à s’intéresser davantage à l’agriculture, qu’elle considère comme un levier essentiel de développement économique.
« Chaque Guinéen possède quelque part une portion de terre qui peut être exploitée. L’agriculture peut être un véritable moteur de croissance et contribuer à l’autosuffisance alimentaire », a-t-elle indiqué.
Elle a par ailleurs rappelé l’importance de l’éducation et de l’agriculture dans les grandes orientations de développement du pays, notamment dans les programmes nationaux à long terme.
Cette sixième édition se distingue également par une forte participation internationale, avec la présence annoncée d’une dizaine de pays. Une première selon les organisateurs, qui marque une nouvelle étape dans l’évolution du salon.
Kadiatou Kaba a également évoqué l’ambition de faire du SALEC un salon tournant à l’international dans les prochaines années, appelant les partenaires à soutenir cette vision.
Autre particularité du SALEC : sa gratuité et son approche participative. La commissaire générale a insisté sur la nécessité d’impliquer davantage les jeunes dans l’organisation et l’animation des activités afin de susciter un véritable engouement autour de la lecture.
Pour elle, l’État ne peut pas, à lui seul, relever tous les défis. L’implication des acteurs privés et des citoyens reste essentielle pour accompagner les politiques publiques.
À travers cette sixième édition, le SALEC confirme ainsi son ambition de devenir une plateforme d’échanges, de réflexion et d’action pour promouvoir la lecture, encourager l’esprit critique chez les jeunes et contribuer au développement socio-économique de la Guinée.
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